Le confinement - une opportunité de redécouvrir la pratique solitaire

Cette période de confinement a été l’occasion pour beaucoup de repenser leur organisation, ainsi que leur pratique. Dans une situation où il est impossible de se rendre au dojo, voire même de pratiquer en extérieur avec des partenaires, c’est l’aspect solitaire de la pratique qui revient sur le devant de la scène. Pour certains il s’agira de condition physique, pour d’autres de révisions de leurs kata et techniques fondamentales, pour d’autres encore il pourra s’agir d’un travail spécifique sur le corps via une pratique comme le Yoga ou l’Aunkai.

Le travail solitaire, fondement de la pratique martiale


Si la pratique martiale vise évidemment le combat contre un ou plusieurs adversaires, le travail solitaire est une donnée que l’on retrouve systématiquement dans toutes les pratiques, et a fortiori chez les adeptes du plus haut niveau.

Dans Hidden in Plain Sight, Ellis Amdur met par exemple en avant les heures innombrables de travail solitaire, notamment à la lance, de Takeda Sokaku pendant ses jeunes années. Des heures de pratique qui ont sans aucun doute contribué à construire le corps d’un adepte qui est encore reconnu aujourd’hui comme l’un des plus grands maitres de bujutsu. Sagawa Yukiyoshi, un de ses élèves les plus réputés pour sa maitrise de l’Aiki, s’entrainait lui-même plusieurs heures par jour en solitaire, avec ou sans outils, afin de forger son corps en profondeur.

Mais la pratique solitaire n’est pas le domaine réservé des arts martiaux traditionnels et il suffit de regarder les programmes d’entrainement de boxeurs ou combattants de MMA pour s’en convaincre.


McGregor n’hésite d’ailleurs pas à s’éloigner de ce qui semble être directement lié à sa pratique, puisqu’il est allé à la rencontre d’Ido Portal pour trouver de l’inspiration et travailler sa qualité de mouvement.

Innover dans sa pratique solitaire

S’il est toujours possible de répéter ses formes à la maison, il est également intéressant de chercher à aller plus loin et de voir comment remplacer un partenaire pour travailler des points spécifique. C’est par exemple ce que Lionel Froidure a récemment proposé avec son “bras de bois” ou son entrainement avec une ceinture.



Il est à mon avis toujours utile de varier sa pratique solitaire, et de jouer avec les éléments à disposition. Il peut s’agir d’utiliser des poids, des armes, une ceinture ou un élastique, mais aussi des éléments que l’on pourrait voir comme des obstacles dans la situation actuelle, comme… les murs de son appartement.


Aunkai, une pratique idéale en temps de confinement

L’Aunkai est souvent perçue comme une pratique austère tant la partie solitaire est importante. Et de fait, répéter quotidiennement les mêmes exercices est austère et peut apporter une certaine frustration, a fortiori quand il est facile de pratiquer avec des partenaires et d’avoir une pratique plus fun.

Cette dernière option n’étant actuellement pas possible, j’ai pu observer un certain nombre de pratiquants revenir vers cette belle discipline, profitant du confinement pour essayer d’aborder la pratique martiale sous un angle différent. C’est dans ce cadre que j’avais réalisé quelques vidéos pédagogiques, mais également que j’ai eu quelques conversations avec des pratiquants souhaitant s’initier aux Tanren via vidéos ou visio. Si la pratique en personne est évidemment toujours idéale, il me semble pourtant possible d’arriver à des résultats de cette façon, à condition d’y mettre le temps et les efforts.

Mais si le confinement a permis à certains personnes de s’essayer à l’Aunkai, une grande question demeure: qu’en sera-t-il quand le monde reviendra à la normale?




"L'Aunkai est une méthode de bujutsu tanren. Les exercices que j'enseigne permettent de développer la conscience de son corps, d'en construire l'armature, d'en développer le cœur, l'essence. Ils servent à comprendre l'action subtile des différentes composantes du corps et à s'en servir de la manière la plus efficace.”
Akuzawa Minoru

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